Mes petites créations ...

Mes petites créations ...

Chambre34

@ Marion )Twenty three peonies)

5h45, les chiffres lumineux du radio réveil m'agressent, c'est pas humain de devoir se lever si tôt le dimanche matin. 20 ans, étudiante, les plus belles années, hum... ça se discute. Comme un automate, je me dirige sous la douche, enfile ma tenue de réceptionniste, petite chemise blanche, talons de circonstance, j'optimise mon temps, bois mon thé en me maquillant, un coup de blush pour ne pas ressembler à un macchabée qui a bu trop de bières la veille et c'est parti. Ma chanson phare sur les lèvres «  il est 5h Paris s’éveille », je m'engouffre dans le métro, à cette heure ci c'est un vrai carnaval, j'envie les derniers fêtards qui vont filer sous la couette. Devant moi ce mec qui me fixe, ah j'aime pas ça, j'évite son regard, cherche mon bouquin pour trouver un rempart, je l'ai oublié, je fais la connerie de lever les yeux.

Un petit sourire en coin sur les lèvres, des cheveux poivre et sel, un regard pénétrant, une bonne trentaine, plutôt pas mal pour un vieux.

«  Vous avez des yeux de chat.

- Merci.

- Vous allez où comme ça ?

- Travailler.

- On doit vous le dire souvent, mais vous dégagez quelque chose de très attirant.

- Pardon !

- Je vous trouve attirante. »

Je ne réponds pas cette franchise me déconcerte et m'excite à la fois. Ouf ma station je sors, putain, il me suit.

«  Ça vous dérange que je fasse le chemin avec vous ?

- Pour aller où ?

-Cela dépend de vous.

- Je vais à l’hôtel en face.

- Je n'en attendais pas tant.

- Je veux dire ... je travaille à l'hôtel. Écoutez tout cela me gêne, reprenez votre route. Au revoir. »

J’accélère le pas, et et rentre dans l'établissement, ah quel pot de colle celui là.

La matinée se déroule comme à son habitude, entre les départs, les itinéraires à conseiller, les réservations à enregistrer. Mais vers 11h, surprise, devant le comptoir, le mec du métro.

« Qu'est ce que vous faites là ?

- Bonjour, mademoiselle.

- Que voulez vous ?

- Une chambre. J'aime la transparence de votre chemisier.

- Pardon !Vous voulez réserver une chambre?!

- Cela vous semble-t-il étonnant dans un hôtel? »

S'il croit m'avoir comme ça !

« Il ne me reste plus qu'une suite à 250 euros.

- Parfait !

- Parfait ? Très bien, Une pièce d'identité et votre carte bleue s'il vous plaît, et voici le formulaire à remplir.

- Vous avez la chambre 34, au troisième, l'ascenseur est sur votre droite.

- Merci de votre amabilité. »

Il se fout de moi, j'hallucine, mais pourquoi je n'ai pas dit qu'on était complet, dans quel bourbier je me suis mise, et le pire c'est qu'il est déstabilisant, la transparence de mon chemisier, non mais c'est quoi ce type. Le voilà qui revient.

« La clé ne marche pas.

- Je l'ai pourtant magnétisé, je vais vous en refaire une. »

Il s'appuie sur le comptoir, me déshabille du regard.

« J'aime les femmes qui porte des talons. 

- Voilà votre clé. »

5 minutes plus tard, il redescend :

«  Elle n'ouvre pas,

- Ce n'est pas possible.

- Venez vérifier par vous même.

- Très bien. »

Je prends les escaliers, hors de question de me retrouver dans l'ascenseur avec lui, il me suit, sa présence derrière moi est pesante.

«  Vous avez une petite échelle, dans votre collant, elle doit filer vers le haut de votre cuisse. »

Je me retourne pour regarder, il effleure ma jambe de ses longs doigts. «  juste là ». Je le trucide du regard, et continue mon ascension. Arrivé devant la porte de la chambre, je glisse la clé, qui marche évidemment. «  Cette clé marche vous me faites perdre mon temps monsieur »

Il me plaque contre la porte, m'attrape la mâchoire, et m'embrasse, sa main redescend dans mon cou, caresse mon buste, et enfin m'agrippe la fesse. Le pire c'est que c'est bon, je me laisse faire, je sens son érection contre moi, je me sens fondre.

«  Rentre.

- Non, je dois retourner en bas »

Dans un élan de lucidité, je redescends en quatrième vitesse l'escalier. Mais qu'est ce que je fais. C'est quoi ce délire hormonal, il faut que je me calme. Je prends un grand verre d'eau, réajuste ma jupe.

15 minutes plus tard, je voilà de retour. Je deviens toute rouge, il me regard l œil rieur.

«  Est ce que vous pouvez effectuer une réservation pour moi.

- Oui, où désirez- vous aller?

- En vous.

- Où voulez vous réserver ?

- Dans le restaurant « la médina » pour deux, j'adore la cuisine épicée.

- Ah quelle heure ?

- Ah quelle heure finissez vous ?

- 19 heures.

- Disons 19h30 alors.

- Je... »

Il pose son doigt sur mes lèvres  » Chut...  A toute à l'heure. »

18h45, je suis en panique, je ne l'ai pas revu de l'après-midi, qu'est ce que je fais, qu'est ce que je vais faire ?

Et là Christophe entre, j'en avais presque oublié que j'avais un copain, qu'il me semble peu viril avec son sweet d'ado.

«  Qu'est ce que tu fais là ?

- Merci pour l'accueil, moi aussi je suis contente de te voir ma chérie. On dîne chez ma mère ce soir, tu te souviens c'est son anniversaire.

- Excuse, je suis crevée, oui ta mère, super. Tiens Fred arrive pour la relève. »

Le réceptionniste de nuit n'entre pas seul, le mec de la 34 est avec lui. Ils arrivent ensemble au comptoir, je suis foutue.

«  Salut Lise, ça a été la journée ?

-  Oui, je te présente Christophe, mon copain. 

- Monsieur ?

Il me regarde la mâchoire crispée.

- Un plan de Paris s'il vous plaît.

- Sur le présentoir. "

Ouf, il n'a rien dit, je file avec Christophe, direction la belle mère, c'est pas la soirée que j'espérais mais c'est sans doute mieux ainsi. 

 

Atelier d'écriture sur  Bricabook.fr  photo de  Marion )Twenty three peonies)



24/10/2013
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