Mes petites créations ...

Mes petites créations ...

En vadrouille sur la côte

 

« Ah qu'est ce qu'on est bien ici ma Gigi, c'était une drôlement bonne idée de partir sur la côte, loin des petits enfants capricieux, des gâteaux au yaourt qu'on doit se coltiner toutes les semaines, de la balade à l’église du dimanche matin pour se faire bien voir dans le quartier, ici on va pouvoir s'amuser un peu !

- Tu l'as dit, et en plus c'est le repère des vieux riches, avec un peu de chance on aura de quoi se mettre sous la dent, car comme j'aime à le chanter : «  Je m'appelle Simoooone, je suis une vieille cochoooonne, et j'aimerai bien qu'on me ramo-o-one ! »

- « Je m'appelle Ginette, je ne porte pas de lunettes mais qu'est ce que j'aime les quéquettes !! »

Les mamies rient en chœur comme des jeunes filles, ravies de leurs rimes grivoises. Elles se tiennent par le bras, chacune s'est faite belle à sa façon. Simone avec son foulard à pois rouges et ses énormes boucles d'oreilles en ambre. Ginette de son côté porte son rouge à lèvre rose, et n'a pas manqué de coloré ses dents au passage, de plus un bandeau vert anis met en valeur ses mèches rousses. Elles sont contentes de se retrouver loin des leurs pour faire ceux qu'elles veulent, sans compte à rendre. Elles déambulent sur la croisette, à Cannes.

«  Dis donc ça cogne dur, tu trouves pas ?

- Si attends on va se tartiner de crème je tiens pas à finir de la même couleur que ton foulard !

- Oh mazette, regarde la voiture américaine, la classe internationale !

- Regarde mieux ma biche, au volant deux papys, jackpot !

- Ne les laissons pas filer.

- On peut leur dire que tu te sens mal avec le soleil de midi, que j'ai peur que tu fasses un malaise et s'ils auraient l'obligeance en tant que gentleman de nous ramener à notre hôtel.

- Super idée, mais d'où tu sors des scénarios pareils !

- Il faut bien que mes heures passées devant les « feux de l'amour » me servent à quelque chose! »

Elles s'approchent toutes deux de la belle voiture noire, Simone se courbe en avant, met sa main sur son front et geint doucement.

Ginette frappe à la vitre teintée et prend la parole avec un accent à couper au couteau.

«  Misters, sorry to distrub you, but my friend don't feel good, as you can see.

- Bonjour madame, nous pouvons vous être d'une aide quelconque ?

- Gorgeous, you speack french !

- Vous pouvez donc aussi nous parler en français, car à vrai dire nous sommes Italiens, et notre anglais n'est pas très fluide ?

- Ah oui, excusez, j'étais lancée, vous savez pour moi l'anglais est assez naturel je ne me suis même pas rendue compte que j'avais continuer ainsi ! Elle rit, incline la tête, elle minaude mamie.

- Donc madame, vous désirez ?

- Oui, pardon, je m'égare alors que comme vous le voyez mon amie est mal en point, le soleil lui a cogné sur la tête, et je crains qu'elle soit incapable de rentrer à l'hôtel dans cet état, et comme on ne connaît pas trop les autobus par ici, je me suis demandée si... oh et puis non, deux hommes comme vous doivent être très pris, excusez moi de vous importunez...

- Je vous en prie madame, nous serions ravis de pouvoir vous aider.

- Pouvez vous, nous raccompagner dans votre belle voiture ?

- Mais bien entendu, montez ! »

Ginette et Simone s'installent, bouclent leurs ceintures et se sourient, Ginette enchaîne :

« Nous logeons à l'hôtel Marina sur l'avenue Napoléon, vous connaissez ou peut-être êtes vous ici en vacances comme nous ?

- Non, nous sommes ici pour le travail, voyez vous les affaires. »

Dans l'habitacle, la radio locale, diffuse du serge Reggiani, les deux hommes chantonnent avec un bel accent « Votre fille à vingt ans » les mamies sont aux anges. Un flash infos interrompt cette bulle de plaisir. « la mafia a encore frappée, règlement de compte dans le vieil Antibes, trois hommes ont été fusillés, des témoins ont vu la scène, on recherche deux hommes la soixantaine dans une voiture américaine noire. »

Simone regarde son amie la main sur la bouche, les yeux écarquillés, l'autre a la bouche ouverte de surprise. Seraient-elles en compagnie de ces malfrats ?

La voiture arrive avenue de Napoléon, devant leur hôtel, mais au lieu d'ouvrir les portes, le conducteur verrouille la voiture.

Il se retourne alors « Je vois que madame va mieux, si elle tient à sa santé, elle ne dit mot à personne de ce qu'elle vient de comprendre, capiche ?

-Dire quoi, mais non bien sûr nous vous sommes trop reconnaissantes de nous avoir aider, oui vraiment merci messieurs. Nous serons des carpes.

- Bien allez filez avant que je regrette ma décision. »

Les deux consœurs décampent de la voiture, qui démarre sur des chapeaux de roues.

Elles sont au bord de la crise cardiaque et se prennent dans les bras,

« Oh Simone mais tu te rends compte, on aurait pu y passer, c'est de la folie !

- M'en parle pas ! J'ai eu si peur !

- C'est pas fait pour nous la côte ! Je rentrerai bien à Meudon faire un bon gâteau aux yaourt.

- Oh, oui un gâteau aux yaourt !

- La vie quand même ne cesse de nous surprendre !

- Tu l'as dit et à tout âge ! Allez retour a bercail, à la sécurité, au confort, au train train.

- Oui ma Gigi, la routine on a beau dire, il n'y a que ça de vrai !»

 

merci à Leiloona qui propose ses ateliers d'écriture sur http://www.bricabook.fr/ 

 

photo de Romaric Cazaux



30/11/2012
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