Mes petites créations ...

Mes petites créations ...

Ma lumière

couloir

 

 

« Et au bout du couloir, tu verras la lumière...tu baigneras dans l'amour absolu... » Belle image pour quitter ce monde, malheureusement je n'en suis pas encore là, et au bout du couloir je ne vois que mon mari et son avocat véreux qui manigancent je ne sais quelles entourloupes pour m'évincer gentiment.

Comme j'ai été vénale, comme j'y ai cru à ce dieu Argent. J'en ai voulu, à tout prix, du blé, de la thune, du flous, du fric, de la maille, du pognon, et oui quand on a pas un kopeck on pense que la solution est là. Et j'ai réussi, il m'a suffit de m' immiscer dans ce milieu, de faire semblant, de choisir le bon parti, et de gravir lentement mais sûrement la pente de la descente aux paradis artificiels. J'y ai cru, aux sacs Vuitton, aux escarpins Louboutin, aux bijoux de la place Vendôme, aux fourrures, aux belles réceptions, aux 3C : Champagne, Caviar, Coke.

Et maintenant... j'ai 40 ans, et le voilà le triste bilan de ma vie, j'ai consommé, j'ai tout ce que je veux, et je ne veux plus rien tellement j'ai. Je suis sèche, vide, je comble mes rides d'amertume au botox, je peux faire mentir mon visage mais pas mon cœur. Je n'en peux plus, je me suis trompée de voie, trompée de but, j'ai pris le moyen pour la fin. Mentir aux autres passe encore, mais à moi même..., je ne peux plus me regarder et sourire, m'acheter une robe pour oublier mon blues. Non, je dis non, pour me dire oui à moi.

Quelques mètres, aller le voir, son regard, il a honte de moi, il se demande ce qui m'arrive et veut me bourrer d'antidépresseurs, je ne suis pas dépressive, je suis expressive. Je ne veux pas de cure, je veux de l'air, de la liberté, du sens, de la vie, de l'humain.

Il se dira que je suis devenue folle, heureuse est la cruche fêlée, elle laisse passer la lumière.

«  Paul, Marc...

- Ça va mieux, Béa ? Justement on parlait de toi, nous sommes inquiets tu sais.

- Pour vos compte, je n'en doute pas, la communauté des biens pèse lourd.

- Ne sois pas bête, pour toi !

- Rassurez vous je ne ferai pas de « bêtises ». Je ne vous donnerez ce plaisir de vous débarrasser de moi si facilement. »

Je lis de la haine dans leurs regards sous leurs sourires mielleux. Marc m'attrape par le bras et murmure la mâchoire serrée :

« Tu ferai mieux de ne pas trop en demander si tu veux avoir le loisir d'en profiter, c'est clair ! »

Je n'ai pas écouter sa menace, j'ai demandé tout ce qui me revenait pour pensais-je pouvoir rebondir et démarrer ma nouvelle vie, loin très loin dans un autre pays une autre culture, pouvoir monter mon orphelinat, être la mère que je n'ai pas pu, aider, aimer, me réparer.

J'ai trop demandé, c'est bien là ma démesure, celle qui m'aura toujours perdue.

Je vois le couloir, la lumière, on ne m'avait pas menti …

 

merci à Leiloona qui propose ses ateliers d'écriture sur http://www.bricabook.fr/ 

 

photo de Romaric Cazaux



19/01/2013
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